Assurance vie LCL avis : que valent vraiment les contrats Predica ?

# Assurance vie LCL avis : que valent vraiment les contrats Predica ?

L’assurance vie reste le placement préféré des Français, avec plus de 1 900 milliards d’euros d’encours en 2024. Parmi les acteurs historiques du secteur, les contrats distribués par LCL et gérés par Predica occupent une position significative sur le marché bancaire traditionnel. Ces produits d’épargne attirent chaque année des milliers de souscripteurs, principalement des clients LCL cherchant à diversifier leur patrimoine. Pourtant, la question de leur compétitivité face aux offres des courtiers en ligne et des néo-assureurs mérite une analyse approfondie. Entre frais parfois élevés, rendements des fonds en euros sous pression et gamme d’unités de compte à géométrie variable, comment se positionnent réellement ces contrats dans le paysage concurrentiel actuel ? Cette analyse détaillée examine les caractéristiques techniques, la performance financière et le rapport qualité-prix des solutions d’assurance vie proposées par l’écosystème LCL-Predica.

Predica : analyse du gestionnaire d’actifs filiale du crédit agricole

Predica constitue l’assureur vie du groupe Crédit Agricole, gérant l’ensemble des contrats d’assurance vie et de capitalisation distribués par le réseau bancaire du groupe. Cette structure joue un rôle central dans la stratégie patrimoniale de millions d’épargnants français, avec une présence historique sur le marché remontant à plusieurs décennies. La compréhension de son fonctionnement, de sa solidité financière et de ses choix de gestion s’avère indispensable pour évaluer objectivement les contrats qu’elle propose.

Structure capitalistique et gouvernance de predica

Predica appartient intégralement à Crédit Agricole Assurances, elle-même filiale de Crédit Agricole SA. Cette structure capitalistique place l’assureur au cœur d’un groupe bancaire et assurantiel de premier plan européen. Le capital et les réserves de Predica atteignent plusieurs milliards d’euros, offrant une assise financière solide pour garantir les engagements envers les assurés. La gouvernance s’articule autour d’un conseil d’administration composé de représentants du groupe Crédit Agricole et d’administrateurs indépendants, assurant un contrôle stratégique et une supervision des risques. Cette organisation reflète les standards de l’industrie assurantielle française, avec une séparation claire entre les fonctions de gestion des actifs et de contrôle des risques.

Encours sous gestion et positionnement sur le marché français

Avec plus de 300 milliards d’euros d’encours sous gestion en 2024, Predica figure parmi les cinq premiers assureurs vie en France. Cette masse critique lui confère un pouvoir de négociation significatif auprès des gestionnaires d’actifs et lui permet d’accéder à des opportunités d’investissement parfois réservées aux investisseurs institutionnels. La clientèle se compose principalement de clients du réseau Crédit Agricole et LCL, avec une forte représentation des épargnants de profil prudent privilégiant les fonds en euros. La part de marché de Predica oscille autour de 15 à 18% du marché français de l’assurance vie, un positionnement stable qui témoigne de la confiance des distributeurs et des souscripteurs. Néanmoins, cette position dominante ne garantit pas automatiquement une compétitivité tarifaire ou des performances supérieures à la moyenne du secteur.

Politique de gestion financière et allocation d’actifs

La stratégie d’investissement

La stratégie d’investissement de Predica repose sur une approche dite « cœur-satellite ». Le cœur du portefeuille est majoritairement investi en obligations souveraines et d’entreprises de bonne qualité de crédit, afin d’assurer la stabilité du fonds en euros et des engagements de long terme. Autour de ce noyau obligataire, l’assureur ajoute des poches plus dynamiques (actions cotées, immobilier, infrastructures, dette privée) pour aller chercher quelques points de rendement supplémentaires. Cette allocation d’actifs reste proche de la moyenne des grands assureurs français, avec une forte préférence pour les actifs à revenu fixe, même si la part d’actifs risqués a légèrement augmenté depuis 2016 pour compenser la baisse des taux.

Sur la poche actions, Predica recourt à la fois à la gestion interne via Amundi (autre filiale du Crédit Agricole) et à des sociétés de gestion partenaires. La diversification géographique est réelle, mais l’exposition reste biaisée vers la zone euro et les grandes capitalisations internationales. En immobilier, l’assureur privilégie l’immobilier d’entreprise (bureaux, commerces, logistique) au travers de SCPI, OPCI et SCI internes. Enfin, une part croissante des investissements est orientée vers des thématiques ISR (investissement socialement responsable) et climat, conformément aux nouvelles exigences réglementaires européennes (SFDR) et à la politique ESG du groupe Crédit Agricole.

Notation financière et solidité du bilan prudentiel

La solidité financière de Predica est évaluée régulièrement par les principales agences de notation. En 2024, l’assureur vie bénéficie d’une notation financière de long terme généralement située dans la fourchette A / A+ (selon les agences), avec une perspective stable. Cette note reflète une capacité jugée « forte » à honorer ses engagements vis-à-vis des assurés, soutenue par l’adossement au groupe Crédit Agricole, lui-même considéré comme systémique au niveau européen. Pour un épargnant, cela signifie que le risque de défaut de l’assureur reste très faible à horizon long terme.

Sur le plan prudentiel, Predica respecte les exigences de solvabilité II avec un ratio de solvabilité largement supérieur au minimum réglementaire de 100 %. Les derniers rapports publics font état d’un ratio généralement compris entre 180 % et 220 % selon les années et les hypothèses de stress appliquées. Concrètement, cela signifie que l’assureur dispose de près du double des fonds propres nécessaires pour absorber un choc financier modéré. Ce coussin de sécurité permet de maintenir une politique de rendement relativement régulière sur les fonds en euros, même en période de volatilité sur les marchés obligataires.

Décryptage des contrats d’assurance vie LCL distribués par predica

Les contrats d’assurance vie LCL commercialisés en agence reposent tous sur l’assureur Predica, mais répondent à des segmentations commerciales distinctes. Entre le contrat « grand public » LCL Vie Nouvelle, les offres plus patrimoniales et les enveloppes orientées immobilier, il peut être difficile de s’y retrouver. Analyser en détail les caractéristiques de chaque contrat (frais, modes de gestion, supports disponibles) est indispensable avant de signer un bulletin de souscription. Vous allez le voir, la qualité intrinsèque des contrats n’est pas toujours à la hauteur de la puissance de la marque LCL.

LCL vie nouvelle : caractéristiques du contrat multisupport phare

LCL Vie Nouvelle (souvent appelé simplement « LCL Vie » par les conseillers) constitue le contrat multisupport de référence proposé aux particuliers en agence. Il s’agit d’un contrat collectif assuré par Predica, accessible dès 50 € de versement initial, avec la possibilité de mettre en place des versements programmés à partir de 15 € par mois. L’épargnant peut investir sur un fonds en euros à capital garanti et sur une sélection d’unités de compte (fonds actions, obligataires, diversifiés, supports immobiliers). Le contrat est ouvert à tout client LCL majeur résidant fiscalement en France et disposant d’un compte courant dans la banque.

LCL Vie Nouvelle propose deux modes de gestion : la gestion libre, où vous choisissez vous-même la répartition entre fonds en euros et unités de compte, et la gestion sous mandat (gestion pilotée) à partir de 10 000 € environ. En gestion libre, le souscripteur a accès à un peu plus d’une centaine de supports, dont une poignée d’ETF Amundi et quelques supports immobiliers. Le ticket d’entrée relativement bas et la souplesse des versements programmés rendent ce contrat accessible, mais l’architecture de gestion reste largement fermée et orientée vers les fonds maison Amundi, ce qui limite la vraie diversification.

Lclépargne perspective : analyse du fonds en euros et des unités de compte

LCLÉpargne Perspective se positionne comme une solution d’épargne plus orientée long terme, souvent proposée dans une optique de préparation de projets (études des enfants, complément de retraite). Techniquement, il s’agit également d’un contrat multisupport assuré par Predica, avec un fonds en euros de même nature que celui de LCL Vie Nouvelle et une gamme d’unités de compte voisine. La logique marketing met l’accent sur la possibilité de mettre en place des versements programmés et sur la « progressivité » de l’exposition aux unités de compte, via des options d’arbitrage automatique.

En pratique, le fonds en euros de LCLÉpargne Perspective affiche des rendements très proches de ceux de LCL Vie Nouvelle, avec une performance nette de frais de gestion généralement comprise entre 1 % et 3,5 % sur la période 2020-2024 selon les années et les bonifications éventuelles. La poche en unités de compte est construite autour de fonds Amundi thématiques (ISR, climat, transition énergétique), de fonds obligataires et de quelques supports diversifiés profilés (prudent, équilibré, dynamique). On retrouve la même problématique que sur les autres contrats Predica distribués par LCL : l’offre n’est pas ridicule, mais elle reste en retrait par rapport aux contrats des meilleurs courtiers en ligne, qui proposent souvent 300 à 1 000 supports, dont de nombreuses SCPI et ETF à très bas coûts.

LCL essentiel vie : positionnement sur le segment des contrats d’entrée de gamme

LCL Essentiel Vie vise clairement le segment d’entrée de gamme, avec un discours centré sur la simplicité et l’automatisation plutôt que sur la sophistication patrimoniale. Ce contrat s’adresse aux clients qui souhaitent « commencer à épargner » sans y consacrer trop de temps, souvent avec des petits versements réguliers. Le ticket d’entrée est faible (de l’ordre de 50 € également) et la gamme de supports réduite, afin de faciliter le conseil en agence et de limiter les erreurs de allocation.

La contrepartie de cette simplicité tient dans la moindre richesse de l’univers d’investissement : le nombre d’unités de compte disponibles est plus réduit que sur LCL Vie Nouvelle, avec essentiellement des profils de gestion prédéfinis (prudent, équilibré, dynamique) et quelques fonds thématiques maison. Pour un épargnant débutant qui n’a ni le temps ni l’envie de gérer sa stratégie, cette approche peut sembler rassurante. Mais pour qui souhaite optimiser son assurance vie LCL, Essentiel Vie se révèle rapidement trop contraignant et ne rivalise pas avec les contrats en ligne, où l’on peut construire un portefeuille sur mesure avec des ETF mondiaux à 0,20 % de frais internes.

LCL indice liberté : spécificités du contrat orienté SCPI et immobilier

LCL Indice Liberté (ou les offres qui lui succèdent selon les millésimes commerciaux) cible davantage les clients souhaitant diversifier leur patrimoine via l’immobilier « pierre-papier » au sein de leur assurance vie. Ce contrat donne accès à un nombre restreint de SCPI et supports immobiliers gérés par des filiales du groupe Crédit Agricole (par exemple SCI ou OPCI maison), parfois complétés par une ou deux SCPI externes. L’idée est d’offrir un complément de revenu potentiel et une diversification sectorielle (bureaux, santé, logistique) tout en bénéficiant de la fiscalité douce de l’assurance vie.

La spécificité de ce type de contrat LCL tient au fait que la part d’immobilier est encadrée : l’assureur limite généralement la proportion investissable en SCPI/OPCI/SCI (souvent 30 % à 50 % de l’encours du contrat). De plus, les frais d’entrée des SCPI accessibles via Predica restent significatifs (8 % à 10 % sur le support, plus les frais de gestion du contrat), et la banque reverse rarement 100 % des loyers, contrairement à certains courtiers en ligne qui redistribuent la totalité des revenus aux assurés. Pour un client LCL attaché à sa banque, ce contrat peut constituer une porte d’entrée vers l’immobilier en assurance vie, mais il existe sur le marché des solutions spécialisées bien plus compétitives pour investir en SCPI dans une enveloppe d’assurance vie.

Performance des fonds en euros predica : rendements 2020-2024

La performance des fonds en euros Predica distribués par LCL est au cœur de l’attrait (ou non) des contrats d’assurance vie du réseau. Entre la remontée des taux d’intérêt depuis 2022 et la concurrence accrue des fonds euros dynamiques, comment se situent ces supports à capital garanti ? Analyser les rendements sur plusieurs années permet de replacer les performances de LCL dans la moyenne du marché et de mesurer l’impact réel des frais sur versement et de gestion. C’est aussi un bon moyen de comprendre si les efforts de revalorisation des taux ont été significatifs ou seulement « cosmétiques ».

Évolution du taux de rendement du fonds netissima comparé aux concurrents

Par abus de langage, certains épargnants comparent les fonds en euros Predica aux grands fonds du marché comme Netissima (chez Generali) ou Suravenir Rendement. Même si Netissima n’est pas un fonds Predica, la comparaison reste pertinente pour situer LCL face aux contrats stars distribués en ligne. Entre 2020 et 2024, le fonds en euros des contrats LCL Vie et assimilés a servi des rendements bruts (avant prélèvements sociaux) compris globalement entre 1,05 % et 3,6 % selon les années et les bonus liés à l’exposition en unités de compte. Sur la même période, certains fonds concurrents ont atteint des moyennes annuelles de l’ordre de 2,5 % à 4,5 %.

Concrètement, le fonds en euros LCL affichait autour de 1,05 % en 2020 et 2021, avant de remonter vers 1,9 %–2,7 % en 2022, puis environ 2,6 %–3,6 % en 2023 et 2,55 %–3,35 % annoncés pour 2025 selon le niveau de diversification en unités de compte. Dans le même temps, des fonds comme Netissima ou des fonds euros immobiliers de courtiers spécialisés ont pu dépasser les 3,5 %–4,5 %. L’écart peut sembler modeste sur une année, mais il devient significatif à horizon 10 ou 15 ans, d’autant que les contrats en ligne ne facturent généralement aucun frais sur versement, contrairement aux 3,5 % de LCL Vie.

Mécanisme de provisionnement et réserve de participation aux bénéfices

Comme tous les grands assureurs vie, Predica utilise la provision pour participation aux bénéfices (PPB) pour lisser dans le temps la rémunération de ses fonds en euros. Lorsque les marchés sont favorables et que le portefeuille dégage une surperformance, une partie des gains est mise en réserve plutôt que distribuée immédiatement aux assurés. À l’inverse, en période plus difficile, ces réserves peuvent être mobilisées pour maintenir un taux de rendement acceptable. La réglementation impose que ces provisions soient redistribuées aux assurés dans un délai maximum de 8 ans.

La politique de Predica en matière de PPB est jugée prudente : l’assureur maintient un niveau de réserves significatif, mais sans atteindre les plus hauts standards observés chez certains concurrents mutualistes. Pour l’épargnant, cela se traduit par une trajectoire de rendement relativement lissée, sans à-coups majeurs, mais sans « coup d’éclat » non plus. Un point important à avoir en tête : plus le stock de PPB est élevé, plus l’assureur dispose de munitions pour soutenir les taux dans un contexte de baisse ou de stagnation des taux obligataires. À l’inverse, un faible coussin de réserves limite la capacité à défendre le rendement futur des fonds en euros.

Impact de la conjoncture obligataire sur les performances futures

Depuis 2022, la hausse brutale des taux directeurs de la Banque Centrale Européenne a reconfiguré le paysage obligataire. Pour un assureur vie comme Predica, cette remontée des taux est à double tranchant. À court terme, la valeur de marché des anciennes obligations à faible coupon a baissé, ce qui pèse sur la valorisation du portefeuille. Mais à moyen terme, le réinvestissement progressif des flux dans des obligations nouvellement émises à des taux plus élevés augmente le rendement courant du fonds en euros. C’est un peu comme changer progressivement un ancien livret à 0,5 % pour un nouveau livret à 3 % : l’effet est progressif, mais réel.

Pour les années à venir, on peut donc s’attendre à ce que les rendements des fonds en euros Predica continuent de remonter légèrement, sous réserve que la stabilité macroéconomique se confirme. Toutefois, la concurrence des fonds euros immobiliers et des fonds à dominante actions pousse les épargnants à arbitrer une partie de leur épargne vers des supports plus dynamiques. Si vous recherchez une assurance vie performante à long terme, il sera souvent pertinent de limiter la part strictement placée sur le fonds en euros Predica et d’utiliser davantage les ETF et unités de compte de qualité, à condition d’accepter une part de risque maîtrisée.

Architecture tarifaire et frais appliqués sur les contrats LCL

Les frais constituent le talon d’Achille des assurances vie LCL distribuées par Predica. Entre les frais sur versement, les frais de gestion annuels et les frais d’arbitrage, la facture globale peut grignoter une part non négligeable de la performance, surtout si vous réalisez des versements réguliers ou des arbitrages fréquents. Or, dans un univers où les courtiers en ligne ont banalisé les contrats à 0 % de frais d’entrée et 0 € d’arbitrage, ces niveaux de tarification paraissent de plus en plus difficiles à justifier.

Frais sur versements : barème selon les montants investis

Sur les principaux contrats LCL Vie Nouvelle et assimilés, les frais sur versement affichés dans la documentation commerciale peuvent atteindre jusqu’à 3,5 % du montant versé. Cela signifie que pour 1 000 € investis, seuls 965 € commencent réellement à travailler sur le contrat. Dans les faits, ces frais sont parfois négociables en agence en fonction de la relation globale avec la banque (niveau d’encours, domiciliation des revenus), mais beaucoup de clients les paient sans véritablement les remettre en question. Cet écart de 3,5 % équivaut pourtant à plusieurs années de rendement du fonds en euros dans un contexte de taux bas.

Le barème peut être légèrement dégressif pour de très gros montants ou dans la banque privée (contrats type LCL Acuity Évolution), où les frais d’entrée descendent plutôt autour de 2,5 %. Mais même dans ce cas, on reste loin des meilleures assurances vie du marché qui pratiquent 0 % de frais sur versement quel que soit le montant. Si vous envisagez d’investir une somme importante en une seule fois, il est donc crucial de mettre en concurrence votre contrat d’assurance vie LCL avec des solutions alternatives : la différence de frais à l’entrée peut représenter plusieurs milliers d’euros sur un versement de 100 000 €.

Frais de gestion des unités de compte et du fonds en euros

Les frais de gestion annuels prélevés par Predica sur les encours des contrats LCL se situent dans la fourchette haute du marché bancaire traditionnel. Sur LCL Vie Nouvelle, on trouve généralement 1 % par an sur le fonds en euros et 0,95 % sur les unités de compte, auxquels s’ajoutent les frais internes propres à chaque fonds (souvent 1,5 % à 2 % pour les fonds actifs Amundi). En cumulant ces couches, la « facture totale » peut facilement dépasser 2,3 % par an sur une unité de compte classique, ce qui rend l’objectif de surperformance par rapport à un simple ETF indiciel beaucoup plus difficile à atteindre.

Dans la banque privée (LCL Acuity Évolution), les frais de gestion sur le fonds en euros sont légèrement plus bas (0,8 % par an), mais les frais sur unités de compte restent voisins de 0,95 %. À titre de comparaison, de nombreux contrats en ligne de nouvelle génération proposent des frais de gestion à 0,5 % ou 0,6 % par an sur les unités de compte, avec un univers d’ETF à 0,20 % de frais internes. À rendement brut égal, un contrat LCL pèsera donc significativement plus sur votre performance nette à long terme. Vous comprenez pourquoi la question des frais n’est pas anecdotique : sur 20 ans, quelques dixièmes de point par an peuvent faire la différence entre un projet abouti et un capital en deçà de vos objectifs.

Frais d’arbitrage et options de gestion pilotée

Autre poste de coûts à ne pas négliger : les frais d’arbitrage. Sur LCL Vie Nouvelle, chaque arbitrage entre supports (par exemple fonds en euros vers unités de compte, ou d’un fonds actions vers un fonds obligataire) est facturé autour de 0,70 % du montant arbitré. Autrement dit, un arbitrage de 10 000 € coûte 70 € de frais, en plus de l’impact éventuel des spreads de marché. Certains contrats incluent un ou deux arbitrages gratuits par an, mais la majorité des opérations reste payante. À l’heure où de nombreux acteurs en ligne offrent des arbitrages 100 % gratuits et instantanés, cette tarification incite de fait les clients LCL à limiter leurs ajustements de portefeuille.

Les options de gestion pilotée (mandat d’arbitrage) ajoutent une surcouche de frais, souvent de l’ordre de +0,08 % à +0,10 % par an sur les encours en unités de compte. Cette gestion déléguée peut se justifier si la performance nette est réellement au rendez-vous, mais LCL communique peu sur les track records de ses mandats. Avant d’accepter une gestion sous mandat sur un contrat LCL, il est donc pertinent de demander noir sur blanc les performances nettes de frais sur 3, 5 et 8 ans, et de les comparer à celles d’une gestion pilotée ETF low-cost proposée par un néo-assureur. Vous pourriez constater que payer plus cher ne rime pas forcément avec gagner plus.

Gamme d’unités de compte : diversification et qualité de l’offre patrimoniale

Au-delà du fonds en euros, la qualité d’une assurance vie LCL dépend largement de la richesse et de la pertinence de son offre en unités de compte. C’est en effet via ces supports que vous pouvez espérer battre l’inflation à long terme et dynamiser votre épargne. Les contrats Predica distribués par LCL proposent une architecture dite « ouverte », mais en pratique fortement orientée vers les fonds maison Amundi et les supports internes au groupe Crédit Agricole. Est-ce suffisant pour construire une allocation réellement diversifiée et performante ?

Sélection de fonds actions, obligataires et diversifiés accessibles

La plupart des contrats LCL Vie Nouvelle mettent à disposition environ 100 à 130 unités de compte. On y retrouve une large palette de fonds actions thématiques (techno, santé, climat, dividendes), des fonds actions par zone géographique (Europe, États-Unis, monde émergent) et plusieurs fonds obligataires (souverains, investment grade, high yield, obligations convertibles). Des fonds flexibles et patrimoniaux complètent l’offre, avec des profils de risque gradués de prudent à dynamique. Sur le papier, cette gamme permet déjà de couvrir une grande partie des besoins d’un épargnant « grand public » souhaitant diversifier au-delà du fonds en euros.

La vraie question tient à la qualité intrinsèque de ces fonds et à leurs frais internes. Une majorité d’entre eux sont des fonds actifs Amundi ou de filiales du groupe (CPR AM, BFT IM, etc.), avec des frais courants souvent compris entre 1,5 % et 2 % par an. À cela s’ajoutent, rappelons-le, les 0,95 % de frais de gestion du contrat sur les unités de compte. Pour espérer créer de la valeur pour l’épargnant, ces fonds doivent donc surperformer nettement leurs indices de référence, ce qui est loin d’être garanti sur la durée. D’où l’intérêt croissant des investisseurs pour des stratégies indiciels (ETF) à faibles coûts, qui réduisent la « barre de performance » à franchir.

Disponibilité des ETF et trackers indiciels dans l’architecture ouverte

Conscient de cette évolution du marché, LCL a progressivement introduit quelques ETF (trackers indiciels) dans ses contrats d’assurance vie Predica. Sur LCL Vie Nouvelle, on trouve généralement entre 3 et 12 ETF Amundi selon les millésimes de contrat et les mises à jour de la gamme. Ceux-ci répliquent les principaux grands indices (MSCI World, S&P 500, Euro Stoxx 50, MSCI Japan, parfois un indice ESG) avec des frais internes autour de 0,15 % à 0,30 % par an. Pour un épargnant averti, ces supports constituent clairement le cœur à utiliser pour construire un portefeuille actions diversifié et peu coûteux.

Le problème ? L’offre reste très limitée par rapport aux plateformes spécialisées, qui proposent souvent 20 à 50 ETF couvrant toutes les zones géographiques, classes d’actifs (actions, obligations, matières premières) et thématiques (small caps, value, climat, etc.). De plus, certains contrats LCL continuent de facturer des frais d’entrée sur ces ETF, ce qui va à l’encontre de la logique de coût réduit des trackers. Si vous êtes convaincu par l’investissement indiciel long terme, vous pourrez certes le pratiquer via un contrat LCL, mais vous ne bénéficierez ni de la même profondeur de gamme ni du même niveau de frais que sur les meilleures assurances vie en ligne dédiées aux ETF.

Accès aux supports immobiliers : SCPI, OPCI et SCI

Les contrats LCL distribués par Predica donnent accès à un petit nombre de supports immobiliers, principalement sous forme de SCPI, d’OPCI et de SCI. On retrouve par exemple Rivoli Avenir Patrimoine, certaines SCPI sectorielles (santé, bureaux), l’OPCI LCL OPCIMMO ou encore des SCI maison comme Tangram. Ces supports permettent de s’exposer indirectement à l’immobilier d’entreprise français et européen, avec une espérance de rendement supérieure à celle du fonds en euros mais sans garantie en capital. Ils peuvent constituer une brique intéressante de diversification pour des patrimoines déjà bien structurés.

Cependant, l’offre immobilière LCL demeure restreinte si on la compare aux contrats de référence des courtiers en ligne, qui donnent parfois accès à 20 ou 30 SCPI différentes ainsi qu’à de multiples SCI et OPCI externes. Par ailleurs, la politique de distribution des revenus n’est pas toujours transparente : certains contrats ne reversent que 85 % à 90 % des loyers encaissés, le reste finançant les frais et la marge de l’assureur. Là encore, l’investisseur doit arbitrer entre la commodité de rester chez sa banque historique et l’intérêt économique de recourir à une assurance vie spécialisée pour loger ses SCPI dans un cadre fiscal optimisé.

Positionnement concurrentiel face aux néo-assureurs et courtiers en ligne

Face à la nouvelle génération de contrats d’assurance vie proposés par les néo-assureurs, les fintechs et les grands courtiers en ligne, comment se positionnent réellement les assurances vie LCL gérées par Predica ? Sur le plan de la solidité financière de l’assureur et de la sécurité des fonds en euros, Predica n’a évidemment pas à rougir. Mais l’épargne de long terme se joue aussi – et surtout – sur le terrain des frais, de la performance nette, de la richesse de la gamme de supports et de la qualité de l’expérience client.

En termes de frais, les contrats LCL sont clairement pénalisés par les frais d’entrée et les frais de gestion élevés, là où les meilleurs acteurs en ligne affichent 0 % de frais sur versement, 0 € de frais d’arbitrage et 0,5 %–0,6 % de frais de gestion sur les unités de compte. Sur le plan des supports, l’offre LCL est correcte mais loin de l’architecture très ouverte des courtiers spécialisés, qui proposent des centaines d’unités de compte, une large gamme d’ETF et de nombreuses SCPI et SCI de référence. Enfin, l’expérience client reste très dépendante de l’agence et du conseiller, avec une souscription rarement 100 % en ligne et une gestion des contrats pas toujours fluide, notamment pour les rachats et les arbitrages.

Faut-il pour autant bannir les contrats Predica distribués par LCL ? Tout dépend de votre situation et de vos priorités. Si vous êtes attaché à une relation de proximité avec votre conseiller, que vous appréciez la simplicité d’avoir tous vos produits financiers au même endroit et que vos versements restent modestes, une assurance vie LCL peut remplir son rôle de support d’épargne généraliste. En revanche, si votre objectif est d’optimiser au maximum la performance nette de frais de votre assurance vie, de construire une allocation d’actifs fine à base d’ETF ou d’immobilier papier, il sera souvent plus pertinent d’ouvrir en parallèle un ou plusieurs contrats chez des courtiers en ligne ou des néo-assureurs – tout en conservant éventuellement votre contrat LCL pour diversifier les assureurs et profiter de son fonds en euros.